Syrie, Liban, Palestine : le Grand Tour – Collectif

Présentation de l’éditeur:
Au XIXe siècle, le Grand Tour est le voyage romantique par excellence, qui mène les photographes d’Alexandrie à Constantinople, en passant par la Haute-Egypte et le Sinaï, rythmé par les étapes obligées de Jérusalem, Damas et Beyrouth.
Si elles contribuent à la connaissance des cultures antiques, les oeuvres de photographes tels que Félix Bonfils, Henri Béchard ou James Robertson proposent simultanément une représentation éthnocentrique de l’Orient méditerranéen qui façonne l’imaginaire occidental. Derrière les références picturales et les prétentions scientifiques percent des enjeux idéologiques et politiques qui vont légitimer les visées coloniales et impérialistes de l’Europe.
La photographie se révèle une forme subtile de domination, par le pillage et l’appropriation.
Syrie, Liban, Palestine, ces noms n’évoquent plus aujourd’hui l’exotisme mais la tragédie de peuples qui peinent à retrouver leur identité.
Le projet du «Grand Tour», initié en 1996 par le musée Nicéphore Niépce, repose précisément sur la volonté de restituer à ces pays ces images des pionniers de la photographie de voyage dont ils sont démunis. Dans le même mouvement, des artistes des deux bords de la Méditerranée ont concouru à l’élaboration d’une langue commune, visuelle, débarrassée des séquelles coloniales et exotiques. L’acte contemporain prend ici valeur de constat. Il éclaire et invite à renouveler les systèmes de pensées, il refuse l’a-priori et condamne le conformisme.
« Ange Leccia a inauguré la démarche en Egypte et en Syrie. Les images qu’il en a rapportées, piégées avec légèreté grâce à la toute première caméra numérique, ont muté pour prendre la forme d’un long métrage, Azé. Lui succédant, à Bab-el-Saray (Saïda), Jean-Luc Moulène s’est confronté directement à un quartier et à ses habitants, et à ses propres obsessions, politiques et artistiques. Patrick Tosani, quant à lui, a su, sur un sujet aussi complexe que la Palestine, opérer une distance que n’affecte en rien la qualité émotionnelle de l’oeuvre.
Avec son long métrage Aujourd’hui (Al Youm), consacré à la production des images dans le monde arabe, Akram Zaatari offre un contrepoint à la fois étrange et juste à la vision occidentale.
Ce livre raconte l’aventure de ce Grand Tour contemporain, de sa genèse jusqu’à ses implications historiques et esthétiques.
La confrontation des images d’Ange Leccia, Jean-Luc Moulène, Patrick Tosani et Akram Zaatari avec celles du fonds ancien du musée Nicéphore Niépce souligne les permanences et les ruptures du regard d’un siècle à l’autre et permet, au-delà des apparences, de percevoir une réalité à la fois géo-politique et géo-poétique. »
– 4ième de couverture –
Syrie, Liban, Palestine : le Grand Tour, Isthme éditions, Musée Nicéphore-Niépce, 2005
195 photographies d’Ange Leccia, Jean-Luc Moulène, Patrick Tosani et Akram Zaatari
23 photographies extraites du fond ancien du Musée Nicéphore Niepce : Henri Béchard, Georges Blanchard, Félix Bonfils, Paul Denis…
Préface de François Cheval
« A défaut de Tour, l’expo » de Elias Sanbar
« Le Grand Tour » de Alexis Tadié
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English Version
Publisher’s Presentation:

In the nineteenth century, the Grand Tour is the ultimate romantic trip, leading photographers from Alexandria to Constantinople, via Upper Egypt and Sinai, punctuated by the required stopovers in Jerusalem, Damascus and Beirut.
The works of photographers such as Felix Bonfils, Henri Bechard or James Robertson have contributed to the knowledge of ancient cultures but also suggest simultaneously an ethnocentric representation of the Mediterranean East in shaping Western imagination. Behind the pictorial references and scientific pretensions, ideological and political issues surface which will legitimise European colonial and imperialist ambitions.

Photography proves to be a subtle form of domination through looting and appropriation.
Syria, Lebanon and Palestine: today these names no longer evoke exoticism, but the tragedy of people who are struggling to find their identity.

The project of the « Grand Tour », initiated in 1996 by the museum Niépce, is based precisely on the desire to return to those countries those images of the pioneers of travel photography of which they were bereaved. At the same time, artists on both sides of the Mediterranean have contributed to the development of a common visual language free of the colonial legacy and exoticism. The contemporary act takes the value of observation. It enlightens and calls to renew the systems of thought; it refuses prejudices and condemns conformity.

« Ange Leccia launched the process in Egypt and Syria. The images he brought back, lightly trapped by the first digital camera, have mutated into the shape of a feature film, Azé. Following into his footsteps, in Bab-el-Saray (Saida), Jean-Luc Moulène was confronted directly to a neighbourhood and its inhabitants, and to his own political and artistic obsessions. As for Patrick Tosani, he managed, to step back on a subject as complex as Palestine but which does not affect the emotional quality of the work.
With his feature film Today (Al Youm), dedicated to the production of images in the Arab world, Akram Zaatari offers a strange but fair counterpoint to the Western view.
This book tells the story of the modern Grand Tour, of its genesis to its historical and aesthetic implications.
The comparison of images by Ange Leccia, Jean-Luc Moulène, Patrick Tosani and Akram Zaatari with those of the old collection of the Musée Nicéphore Niepse highlights the continuity and breaks of the perception from one century to another and allows to perceive beyond appearances a reality that is both geopolitical and geo-poetic. « – Back cover text
Syrie, Liban, Palestine: Le Grand Tour, Isthmus éditions-Nicephore Niepce Museum, 2005
195 pictures by Ange Leccia, Jean-Luc Moulène, Patrick Tosani and Akram Zaatari 23 photographs from the old collection of the Musée Nicéphore Niepce: Henri Bechard, George Blanchard, Felix Bonfils, Paul Denis …
Foreword by Francois Cheval « A défaut de Tour, l’expo » de Elias Sanbar
« Le Grand Tour » de Alexis Tadié

 

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